Propositions complétives introduites par que
Une proposition qui complète une idée
Une proposition complétive est une proposition subordonnée qui complète le sens d’un verbe, d’un adjectif ou d’un nom. Elle contient son propre sujet et son propre verbe.
- Je pense que vous avez raison.
- Nous sommes certains que le magasin est ouvert.
- L’idée que le projet peut réussir motive l’équipe.
Dans ces exemples, que relie la complétive à l’élément dont elle dépend. Devant une voyelle, il devient qu’ : Je crois qu’il viendra.
Compléter un verbe
La complétive est très souvent le complément d’un verbe de parole, de pensée, de connaissance, de perception ou de sentiment.
| Type de verbe | Verbes fréquents | Exemple |
|---|---|---|
| parole | dire, expliquer, annoncer | Elle annonce que le train est annulé. |
| pensée ou opinion | croire, penser, trouver | Je trouve que cette solution est pratique. |
| connaissance | savoir, comprendre, constater | Nous savons que vous êtes prêts. |
| attente ou sentiment | espérer, regretter | Il espère que tout ira bien. |
La proposition entière peut répondre à la question quoi ? : Nous savons quoi ? — que vous êtes prêts.
Le directeur confirme que la réunion commencera à neuf heures.
- proposition principale : Le directeur confirme ;
- mot de liaison : que ;
- proposition complétive : la réunion commencera à neuf heures.
La complétive précise ce que le directeur confirme.
Compléter un adjectif ou un nom
Une complétive peut aussi dépendre d’un adjectif.
- Je suis certain que vous comprendrez.
- Nous sommes heureux que tu participes.
- Elle est consciente que la décision sera difficile.
Elle peut enfin préciser le contenu d’un nom abstrait, notamment idée, fait, certitude, impression ou espoir.
- Le fait que le magasin ferme tôt pose un problème.
- J’ai l’impression que nous avons oublié un document.
- La certitude qu’il reviendra nous rassure.
Le groupe nominal complet peut ensuite être sujet ou complément : Le fait qu’il refuse nous surprend ; nous discutons de l’idée que la réunion devrait être reportée.
Garder l’ordre d’une phrase déclarative
Dans une complétive, on conserve normalement l’ordre sujet + verbe + compléments.
- Je sais que Paul arrive demain.
- Elle explique que les clients doivent patienter.
- Nous pensons que cette décision aura des conséquences.
Même si la phrase principale est interrogative, la complétive ne prend pas l’ordre d’une question : Pensez-vous que Paul viendra ? et non que viendra Paul.
Une question indirecte totale s’introduit avec si, pas avec que : Je demande si Paul viendra. Une complétive en que présente au contraire le contenu d’une affirmation, d’une pensée ou d’une réaction.
Choisir le mode et le temps du verbe
Que ne détermine pas à lui seul le mode. Le sens de l’expression principale guide le choix.
- fait ou certitude : Je sais qu’il est là — indicatif ;
- opinion affirmative : Je pense qu’il viendra — indicatif ;
- nécessité : Il faut qu’il vienne — subjonctif ;
- volonté : Je veux qu’il vienne — subjonctif ;
- sentiment : Je suis heureuse qu’il soit là — subjonctif.
Le temps situe ensuite l’action : Je sais qu’il travaille aujourd’hui, qu’il travaillera demain, qu’il a travaillé hier. Les règles détaillées de choix du mode et de concordance des temps appartiennent à leurs leçons spécifiques.
Apprenez la construction complète : savoir que + indicatif, vouloir que + subjonctif. Mémoriser seulement que ne permet pas de choisir la forme verbale.
« Que » conjonction ou pronom relatif
Dans une complétive, que est une conjonction : il relie les propositions, mais ne remplace aucun élément à l’intérieur de la subordonnée.
- Je crois que ce livre est utile : ce livre est le sujet de est ; la phrase après que est complète.
Dans une relative, que est un pronom et remplace un complément lié à un nom antécédent.
- Voici le livre que je lis : que reprend le livre et est le complément de lis.
Un test simple consiste à examiner les mots après que. Dans que ce livre est utile, aucun élément ne manque. Dans le livre que je lis, on comprend je lis le livre : le pronom occupe donc une fonction.
Réduire ou coordonner des complétives
Quand le sujet des deux verbes est le même, certains verbes permettent un infinitif plus léger.
- Je pense que j’ai compris. → Je pense avoir compris.
- Elle espère qu’elle réussira. → Elle espère réussir.
- Il croit qu’il connaît la réponse. → Il croit connaître la réponse.
La construction avec infinitif dépend du verbe et du sens ; elle n’est pas automatique.
Si deux complétives dépendent du même verbe, répéter que clarifie leur structure : Je pense qu’il viendra et qu’il nous aidera. Avec un seul sujet et deux actions, on peut coordonner les verbes à l’intérieur de la même complétive : Je pense qu’il viendra et nous aidera.
Ponctuation et synthèse
On ne met normalement pas de virgule entre un verbe et la complétive qui le complète : Je crois que vous avez compris, et non Je crois, que vous avez compris.
Pour reconnaître et construire une complétive :
- trouvez le verbe, l’adjectif ou le nom complété ;
- repérez que / qu’ ;
- vérifiez que la subordonnée possède un sujet et un verbe ;
- conservez l’ordre déclaratif ;
- choisissez le mode d’après le sens de l’expression principale.
La complétive permet ainsi de transformer une idée entière en complément : Le magasin fermera tôt devient le contenu de Je sais que le magasin fermera tôt.
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Vocabulary in this lesson
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Last updated July 20, 2026